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Les bons outils au jardin

Xavier Mathias et Les Cahiers du Potager Bio nous raconte 
Les bons outils au jardin  

« C'est à ses outils qu'on reconnaît un bon ouvrier. » Je suis bien conscient que ce genre d'aphorisme date un peu. L'idée d'outil s'est peu à peu dissoute dans le jetable et, que signifie « bon ouvrier » quand le travail manuel est à ce point déconsidéré ? Et pourtant. Soigneusement choisis, bien entretenus, de simples objets au départ, les outils deviennent de véritables compagnons. Les retrouver est un plaisir et a un côté presque rassurant. Sentir le contact familier du manche qui a pris sa forme au fur et à mesure du temps, éprouver le tranchant de la binette repris en quelques coups de limes, remplir l'arrosoir bosselé ou délavé participent déjà au plaisir que l'on aura à aller au jardin. Les objets ont-ils une âme ? Certainement pas. Le savoir du jardinier réside par contre dans l'art de leur donner vie.  

Thermique ou pas thermique ?  

Commençons par les gros achats : un motoculteur ou une moto bineuse sont-ils indispensables ? On considère en général qu'il est difficile de cultiver au-delà de 4 à 500m² sans un minimum de mécanisation. Ce qui ne signifie pour autant qu'il faille être propriétaire du matériel. Il est souvent plus avantageux, quand c'est possible, de s'arranger avec un voisin équipé. L'idéal étant bien sûr de connaître un agriculteur possédant et maîtrisant un matériel performant. 
Le motoculteur : Il en existe de toutes tailles à tous les prix. Inutile de se faire des idées, les « petits » modèles vendus à bas coût dans les grandes surfaces, quelle que soit leur spécialité, ne valent guère plus que leur poids au kilo. Même une machine de base (autour de 7CV), peu équipée, reste un vrai investissement. Une fois l'achat réalisé, il faudra compter plusieurs saisons pour parvenir à bien travailler avec un tel outil qui, à l'image de n'importe quel matériel demande un temps d'apprentissage. 
La moto bineuse : Forcément moins chère puisque son mode de traction est simplifié, elle est devenue un outil presque courant dans les jardins. Bien trop à mon goût. Ces engins doivent théoriquement, comme leur nom l'indique, être réservés à un travail superficiel du sol, et ne pas remplacer comme on le voit bien trop fréquemment la bêche ou la grelinette. Passées profondément en sol un peu humide, c'est le meilleur moyen de faire une semelle lissée absolument impénétrable. Les fraises rotatives et coupantes en terrain « sale » sont de plus idéales pour multiplier en les fragmentant de délicieuses adventices du type liseron, chiendent etc. Bref, la moto bineuse peut être un formidable outil si elle est cantonnée à des travaux bien précis, en surface, en terrain bien sec et « propre ».  

Travailler le sol en « profondeur »  

Avant tout, je précise que l'expression « en profondeur » ne signifie pas défoncer le terrain comme cela s'est produit dans un passé récent, à coups d'engins agricoles surpuissants. Bêcher ou pas, le débat reste ouvert. Voici quelques outils destinés à un travail s'effectuant 20 à 25 cm . de profondeur. 
La pelle bêche : A réserver plutôt pour faire des trous de plantation, ou des bêchages en sol léger. 
La fourche bêche : Attention à bien choisir la longueur des dents. Cet outil indispensable sert autant à bêcher, qu'à décompacter (en effectuant le même mouvement qu'avec une grelinette) et à arracher les légumes racines ou les adventices à développement profond : rumex etc. 
La grelinette : s'il existe d'autres types d'outils à dents destinés à ameublir le sol sans retournement, ce modèle précis me paraît d'une part le plus efficace, d'autre part le mieux étudié (rapport longueur/disposition/nombre de dents/inclinaison des manches) pour travailler le moins péniblement possible. 
Le louchet : Cet outil plutôt utilisé pour faire de profonds trous de plantation ou arracher arbres et arbustes, a un fer plus long et plus étroit qu'une pelle bêche, des renforts métalliques enserrant le manche pour travailler le plus creux possible.  

Le travail du sol en surface  

Si bêcher ou aérer son terrain est indispensable, cela ne suffit pas à préparer un « lit » de semences. L'objectif étant d'obtenir une surface à peu près nivelée, n'ayant pas de trop grosses mottes, débarrassées non pas de toutes, mais des quelques grosses pierres qui pourraient empêcher la levée des semis. 
Le cultivateur : son nombre de dents peut varier mais par leur forme : petites, courbes, dont l'extrémité ressemble à un fer de lance. Il est utilisé pour affiner le sol et briser les croûtes de battance se formant après les fortes pluies. 
Le croc ou griffe : Cet outil à dents recourbés permet de continuer à ameublir le sol ( à une 10aine de cm. de profondeur) et contribue à briser les mottes. 
Le râteau : indispensable outil pour niveler, épierrer, réduire encore un peu les mottes de surface. Attention au choix du râteau, il en existe de toutes tailles, tant par leur nombre de dents que par la longueur de celles-ci.  

Entretenir le sol et les cultures 

La binette :
Sa lame unique, pleine et plate, affûtée sur un côté permet de désherber les sols « sales », ou durcis. 
Le buttoir : Sa forme particulière avec ses 2 « oreilles » sur un axe lui permet de pénétrer facilement dans un sol ameubli et remonter de part et d'autre une importante quantité de terre. C'est l'outil employé pour buter pommes de terre, poireaux, pois, choux, fèves, haricots etc. mais également pour réaliser de petites buttes destinées à semer ou planter en sol surélevé les légumes sensibles aux excès d'eau. 
Le sarcloir : L'outil du jardinier organisé qui passe biner et désherber toujours au bon moment. Sa forme ne permet effectivement pas de travailler en force, uniquement en douceur et en surface. La terre doit donc être meuble, les adventices au stade de plantule.  
La serfouette : 2 petite dents pointus d'un côté, de l'autre une plus large, étroite, en général en forme de langue de chat. Cet outil polyvalent permet de rayonner, couvrir les semis, biner, désherber etc.  

Les accessoires « indispensables » 

Une brouette :
Rouler le compost, les feuilles mortes, les amendement en général et, soyons optimistes, ramener les récoltes : la brouette est indispensable dans un jardin. La plus polyvalente reste le modèle « à cuve ». Si on en trouve à tous les prix, inutile de se faire des illusions avec ceux à petits prix : qualité de la roue, de l'acier du bâti comme de la cuve, tout ceci a un coût. Diminuant de manière incroyable la charge, les « rolls » sont sans conteste les modèles à 2 roues, plus onéreux et demandant des allées de circulation assez larges. Cependant, quelque soit le nombre de roues, choisissez-en une gonflable et non pleine, bien moins « cahotante » et plus souple à rouler. 
Un cordeau : Ce n'est pas par parce qu'ils sont des psychorigides qui s'ignorent que les jardiniers utilisent des cordeau pour réussir des rangs droit. Un espace régulier entre 2 rayons est indispensable pour effectuer facilement les gestes d'entretien à venir : buttage, sarclage etc. 
Le plantoir : Quasi indispensable pour toutes les plantations en racines nues. Le véritable plantoir est aussi un accessoire de mesure (Cf. schéma de Sébastien). 
La fourche à dents fines : En général à 4 dents légèrement courbes et pointues, elle permet de remuer ou remonter le tas de compost, étaler les paillages naturels etc. 
La pelle ronde : tellement basique qu'on l'oublierait presque ! Charger et étaler le compost, remuer des tas, il est bien difficile de s'en passer. 
Le transplantoir ou pelle plantoir : cette pelle miniature en forme de langue simplifie largement la plantation en mottes, ou l'arrachage de jeunes plants à repiquer. 
Le semoir : il en existe de nombreux modèles. Les petites boîtes à ouverture réglable sont très pratiques pour réussir des semis réguliers. Adaptées aux besoins d'un jardinier classique comme à ceux d'un maraîcher fan de diversité de ma connaissance...  

L'arrosage  

Ce poste fondamental du potager ayant déjà donné lieu à un dossier dans les « cahiers », je me contenterais de survoler le petit matériel indispensable. 
Un arrosoir : si nos modèles modernes en plastique ont moins de charme que le prédécesseurs en acier galvanisé, ils sont beaucoup plus légers. La poire dirigée vers le haut ou vers le bas permet d'avoir 2 types d'arrosage en pluie, tandis que le goulot servira à arroser au pied les plantes n'aimant pas avoir le feuillage mouillé. 
Un système goutte à goutte : Même si c'est un peu onéreux, les avantages sont considérables : meilleure levée des semis, moins de « mauvaises » herbes arrosées, arrosage au pied et non sur le feuillage, moins d'évaporation etc. 
Un système d'aspersion : pour ceux qui ont un grand jardin et qui se voient difficilement faire des 10aines de tours d'arrosoir. L'aspersion peut s'avérer indispensable pour reprendre une parcelle trop sèche en été, ou sera à réserver à certains légumes qui préfèrent recevoir l'eau sur le feuillage plus qu'au pied (radis longs d'hiver, laitues, choux asiatiques etc.).  

Le matériel de traitement 

L'atomiseur :
A réserver aux grands, voir très grands potagers, bien que la puissance de sa soufflerie puisse le transformer en automne en un excellent souffleur à feuille mortes. La qualité de la diffusion des traitements est incomparablement supérieure à celle des pulvérisateurs. 
Les pulvérisateurs : Il en existe de toutes tailles et de tous modèles. Là encore, inutile de se faire des illusions sur le matériel à bas prix. Qualité des joints, résistance des flexibles, solidité de la cuve, tout ceci a forcément un coût. 
Les poudreuses : De plus en plus absentes des cabanes de jardiniers faute de ne plus trouver de préparation à épandre, mais presque uniquement à pulvériser sous forme liquide. Et pourtant, ce mode d'application ne mouille pas le feuillage. 

Il y a de quoi s'effrayer j'en conviens, tant la liste est longue, et le matériel fiable légitimement onéreux. A l'image du potager qui se fait petit à petit, inutile de vouloir tout acquérir en une seule fois. Il est largement préférable de prendre le temps pour bien estimer ses besoins. Pour ma part, j'ai acheté la quasi totalité de mon petit outillage dans les vide greniers et autres brocantes de village, en prenant le temps de fouiller dans les bacs où souvent d'excellents outils sont mélangés avec de banales « ferrailles ». Un petit dérouillage, un coup de lime pour reprendre pointes et affûtages de lames, un nouveau manche et c'est reparti pour des années. Encore un outil qu'il me faudra apprivoiser au fur et à mesure du temps, entre travail au jardin et indispensable entretien à l'huile de lin quand la saison s'achève.  

Tout ça pour rien ? 
Et si tous ces outils décrits étaient parfaitement inutiles ? Et si un jardinier génial en avait inventé un, unique, polyvalent ? C'est le cas ! Quelle est donc et où peut-on trouver cette invention qui doit être ultra moderne ? Elle est partout dans le monde, commune à toutes les civilisations agraires, de l'Afrique à l'Asie en passant par la vieille Europe. Sa forme n'a quasiment pas évolué depuis les débuts de l'agriculture : la houe. Pour nos terres un peu lourdes, choisissez-en une à lame étroite, vous constaterez qu'avec un peu d'entraînement on peut tout faire avec cet outil, souvent l'équipement unique de bien des paysans des pays « émergents ».   

L'abondance au détriment de l'imagination. 
Dans un monde où il suffit de courir au supermarché pour remplacer un outil défectueux, l'habitude se perd vite de recycler soi même un acier devenu trop facilement accessible. Terminées les bêches dont une dent a cassé, transformée alors par un jeu de soudure sur la douille en croc à pommes de terre, la vieille fourche à foin dont les pointes trop courtes seront courbées pour faire une griffe de surface, la vieille cuiller qu'on écrase et dont on tord le manche pour faire un grattoir à outils etc. etc. Il était inutile en ces anciens temps de rareté des matières 1ères d'encourager au recyclage à grands coups de messages publicitaires.  

La différence entre un motoculteur et une moto bineuse 
Elle tient au principe de traction rendant leurs emplois différents. Les motoculteurs sont des outils polyvalents équipés de roues. On adaptera dessus charrue, cultivateur, butoir, arracheuse à pommes de terre etc. Sur certains modèles ne possédant pas de prise de force pour entraîner un rotovator, ce sont les roues qui se démontent pour adapter des fraises et fonctionner ainsi comme une moto bineuse. Les motoculteurs sont en général plus puissants et donc plus onéreux que leurs « petite cousines » moto bineuses, uniquement pourvues de fraises et réservées à un emploi quasiment unique de travail du sol en surface.  

La houe maraîchère 
Un excellent investissement pour les grands potagers. Il en existe quelques modèles différents. Cependant pour en avoir utilisées plusieurs, je confirme l'avis de Sébastien (Cf. n° précédent), incontestablement la houe Prud'hommeau est la meilleure.  


Texte publié avec l'aimable autorisation des Cahiers du Potager Bio. 
T_FEDESAMARTH