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Maintenance de variétés potagères

 

La maintenance et la sélection conservatrice de variétés anciennes

 
 
La maintenance de variétés permet de continuer à produire et distribuer des variétés non inscrites, radiées ou oubliées afin d’en assurer la pérennité et la stabilité dans le temps. Lorsque des souches de variétés intéressantes sont retrouvées, le travail de la Ferme de Sainte Marthe consiste à faire de la sélection conservatrice, autrement dit à s’assurer que la culture permette de conserver au fil des ans les qualités intrinsèques de la variété. Si une déviance apparaît, nous repartons d’un lot de semences de base sélectionné et conservé à cet effet.
 
La principale méthode utilisée pour la sélection conservatrice ou la maintenance de variétés est la sélection massale. Il s’agit d’éliminer les sujets hors type lors de la culture pour s’assurer que la semence produite sera bien issue de plants, de fruits ou de légumes correspondant à la variété telle qu’elle est décrite. A la Ferme de Sainte Marthe, nous mettons en place des lots suffisamment importants pour produire des semences de base de qualité, permettant d’assurer la reproduction de l’espèce ou de la variété dans le temps et également des semences à commercialiser répondant aux critères de description de la variété.
 
Nous contrôlons que les parcelles utilisées sont saines, exemptes de maladie et surtout vierges de repousse. Les rotations, particulièrement pour les espèces à organes de réserves souterrains, sont favorisées : il est important d’éviter de cultiver une espèce au même endroit deux années de suite. De nombreuses précautions doivent être prises lors de la mise en place : il est préférable de planter en carrés plutôt qu’en lignes pour éviter les pollutions extérieures, notamment par les pollinisations. Nous prélevons notamment la semence de base au milieu de carrés. De la même façon, les vents dominants doivent être pris en compte même si nous sommes souvent contraints de travailler sous tunnel avec filet anti-insectes pour éviter la contamination aménophile (par le vent) et entomophile (par les insectes.)
 
 
 
 
 

Comment retrouver de « nouvelles » variétés anciennes ? 

 
 
La meilleure source d’informations sur les anciennes variétés, celles qui ne sont plus produites, se trouve dans les catalogues anciens de semenciers, mais aussi dans les catalogues des structures de maintenance et gestion des variétés (GNIS, etc…). Il arrive aussi régulièrement que nous soyons contactés par des collectionneurs privés ou jardiniers amateurs qui nous proposent d’échanger des semences retrouvées au jardin. Parmi toutes les variétés présentes, il s’agit de trouver celles qui sont tombées dans l’oubli et qui présentent un intérêt particulier. 
 
Comment choisir les bons candidats ? 
Un bon candidat se démarque des autres variétés par un ou plusieurs caractères d’intérêt pour la culture, l’aspect ou la consommation. Ce caractère d’intérêt peut se retrouver dans le nom de la variété comme dans le cas de la Tomate Reine des Hâtives. Et parfois, c’est une indication de lieu qui est donnée comme la citrouille de Touraine, pour mettre en valeur l’origine de la variété et le type de région propice à sa culture. La variété choisie est cultivée en interne, pour multiplier le nombre de graines, et s’assurer de l’homogénéité au sein du lot. La variété peut ensuite être décrite de manière fidèle pour une réinscription au catalogue français. Afin de mieux connaître, choisir et différencier les varaiétés, des tests de dégustation sont effectués par la Ferme de Sainte Marthe. Les critères testés sont aussi bien visuels que gustatifs, et ils regroupent la couleur, la brillance, la texture, l’amertume, l’acidité, le côté sucré, salé, piquant et juteux. 
 
L’exemple de la tomate Reine des hâtives 
Pour mieux comprendre, prenons l’exemple de la tomate Reine des Hâtives réintroduite au catalogue officiel en 2011 par la Ferme de Sainte Marthe. Cette variété a été repérée dans un catalogue ancien. Son caractère hâtif en production est considéré comme intéressant, pour élargir la saison de production dans le temps. Il a donc fallu se procurer des semences de base auprès d’un organisme conservatoire, l’INRA, puis les mettre en production pour obtenir de nouvelles semences. Enfin, après l’inscription au catalogue officiel, la Tomate Reine des Hâtives a pu de nouveau être proposée au grand public. 
 
 
 
  
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