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De la culture des carottes

Le semis
Incontestablement, c'est le semis qui pose en général le plus de difficultés. En effet, les carottes germent lentement -comptez 10 à 20 jours- et sont donc facilement enherbées avant qu'on ait eu le temps de dire ouf. Quelques précautions s'imposent donc :
-Vérifiez que vos graines soient fraîches. Leur durée germinative n'est pas très longue (4 à 5 ans maximum) et leur taux de germination chute vertigineusement très rapidement.
-Faites un faux-semis. Il prend tout son sens avec les carottes. Une semaine avant de semer, préparez le terrain finement : soigneusement émietté en surface et bien décompacté en profondeur. Arrosez. 8 jours après, au moment de semer vos carottes, éliminez d'un coup de râteau les adventices qui auront germé. 
- Très bien préparer le lit de semis : bien affiner la terre, arroser le sol, semer clair en lignes distantes de 25 à 30 cm, à exposition ensoleillée et recouvrir d'un mélange de terre très fine et de sable sur quelques millimètres.   

- Tassez bien votre semis : roue de brouette, rouleau à gazon ou avec le dos du râteau, tout est bon pour que la graine soit bien en contact avec la terre. 

- Arroser en pluie fine. Placer un voile type P17 sur le semis pour maintenir le sol humide et éviter le déséchement en surface, maintenir humide jusqu'au développement des plantules.  

- Eclaircir une 1ere fois à 4 ou 5 feuilles à 2 ou 3 cm puis à 7/8 cm.  

- Biner et sarcler régulièrement. Arroser en période de sécheresse.  

Pour les heureux possesseurs d'un abri froid (serre, tunnel etc.), un semis au mois de Novembre permet de récolter dès la fin du mois d'Avril de délicieuses carottes primeur.  
L'entretien
Une fois la levée réussie c'est presque gagné. Presque puisqu'il reste une opération indispensable pour de bons résultats : l'éclaircissage (ou « démarriage », « dépressage » etc.). Un semis trop serré laissé tel quel ne donnera rien. Les carottes détestent se sentir à l'étroit. Si les rangs doivent être espacés d'une bonne 30aine de cm., sur la ligne elles ne doivent pas se toucher et être distantes d'1 à 2 cm. au minimum, hormis pour la production de carottes-bottes. C'est le seul moyen d'obtenir de belles racines tendres, charnues et bien formées.
Au cours de la culture¸ particulièrement au démarrage, il est très important de maintenir les rangs propres, binés et désherbés. Des carottes qui sont trop concurrencées, « dans l'herbe », cherchent la lumière et développent alors un abondant feuillage au détriment de leur racine. Un désherbage tardif ne suffira pas à rattraper ce mauvais départ, les racines resteront chétives quoiqu'il arrive.
Hormis en terre sableuse ou saison exceptionnellement sèche, il est inutile de les arroser. Un excès d'eau se fait immanquablement sentir sur leurs qualités gustatives et surtout, nuit à leur conservation. Le mieux reste de les pailler au cours de l'été après un bon binage. Cela limitera l'évaporation, et les protègera des 1ers froids.     

La récolte
Les carottes sont des plantes bisannuelles. Elles ne meurent donc pas l'hiver et peuvent résister à de très fortes gelées. Cela ne signifie pas que leurs racines restent tendres et parfumées pour autant. Même si couvertes de feuilles mortes et d'une épaisse couche de paille les risques de les voir s'abîmer sont limités, hormis en région à hiver doux, elles perdent l'essentiel de leurs qualités si elles passent l'hiver en terre, risquent de se fendre, signe de sur maturité. Il est donc préférable de les arracher après les 1ères gelées blanches un peu « marquées » et, une fois le feuillage coupé au niveau du collet, les stocker en cave ou en silo, dans l'idéal dans un lit de sable. Une technique qui permet de les garder 3 à 4 mois sans difficultés. Veillez par contre à les arracher par temps sain, avant que le terrain ne soit trop détrempé.   

Les inévitables
Sans leurs petites maladies et ravageur attitrés, les légumes ne seraient plus des légumes. Ainsi, les carottes sont essentiellement ennuyées par 1 insecte et 1 type de champignon essentiellement :
Psila rosae : Quel joli nom pour une si affreuse mouche ! Cette petite bestiole qui ne mesure pas plus de 4 à 5 mm de long, d'un beau noir brillant vole de fin avril à juillet, puis en août et nous offre parfois un 3ème vol supplémentaire en novembre ! Elle pond donc 2 à 3 générations de petits œufs blancs d'un demi millimètre seulement, donnant naissance à des larves qui peuvent atteindre 7 mm de long. Pour s'en prémunir, le plus efficace reste la barrière mécanique avec le néanmoins onéreux voile anti-insectes (ou à défaut un voile de forçage cependant un peu chauffant). Les associations avec des alliacées (poireaux, ail, ciboulette etc.) semblent efficaces mais parfois insuffisantes. En cas d'infestation et d'identification certaine (utiliser alors les pièges jaunes enduits de glu), pulvérisez avec une solution à base de pyrèthre, le soir uniquement, au moment des vols.
L'alternariose ou pourriture noire : Cette maladie est causée par divers champignons qui se développent essentiellement par temps humide ou à cause d'arrosages excessifs. On identifie l'alternariose au brunissement du feuillage qui prend alors une teinte violacée, presque bleue. Quand la maladie se développe sur les carottes au stade de plantules, elle peut alors entraîner un pourrissement total. Si l'attaque est plus tardive, c'est au cours de la conservation que le pourrissement se produit. Comme pour toutes les maladies cryptogamiques, des rotations strictes sont indispensables pour s'en prémunir. Il faut de même éviter les amendements frais, propices à leur développement. En dernier recours, un traitement à base de cuivre peut s'avérer indispensable.
Les aleurodes, ces petites mouches blanches qui volent en groupes denses, sont à ranger dans la délicieuse catégorie des insectes piqueurs suceurs. Elles se développent particulièrement par temps sec, et stressent les plantes par leurs piqûres multiples. Inutile de s 'alarmer cependant : hormis en serre, elles ne provoquent jamais de dégâts importants.   

Matou obligatoire... Attention aux rongeurs dès le commencement de l'hiver: ils raffolent des carottes. Capables de creuser de discrètes galeries sous vos rangs, ils se délecteront en toute impunité de leurs racines sucrées, sans « qu'au-dessus », les fanes restant intactes, on puisse se douter de la mauvaise surprise qui nous attend au moment de les arracher. Il ne reste alors en cas d'attaque qu'un bien pitoyable moignon de racine.
T_FEDESAMARTH