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De la culture des courges

A voir le résultat, fruits souvent énormes et abondants, on pourrait croire que leur culture est un art réservé aux « potagistes » aguerris, qu'une longue pratique a élevé au rang d'élu. Il n'en est rien. Quelques règles de base, des plus simple en fait, garantissent le succès.  
A manger : au démarrage surtout, les courges ont besoin s'alimenter. Qu'elles soient semées (en poquets de 3 graines en terre bien réchauffée), ou plantées, une bonne pelle de compost maison agrémentée de fumier décomposé si possible dans le trou de plantation, suffira. Ce qui en fait un légume idéal à installer sur un disgracieux tas de compost par exemple.  
De l'air ! : Voici une exigence incontournable. Les courges sont « coureuses » (excepté certaines courgettes, pâtissons et acorns, sélectionnées pour être érigées), et demandent au moins 4m² chacune. Attention à l'exposition, elles n'apprécient pas l'ombre.  
De l'eau ? Au moment du semis ou de la plantation effectivement, oui. Ensuite, leur extraordinaire système foliaire est capable de capter jusqu'à la moindre once d'humidité dans l'air. Un bon paillage est suffisant. Seul au cours d'étés exceptionnellement secs, il est possible d'arroser en évitant de tremper le feuillage. Trop d'eau nuit à la bonne conservation des fruits.  
De la binette... Si rapidement elles peuvent dominer d'éventuelles imprudentes adventices qui auraient l'affront de venir germer à proximité, les courges exigent également au démarrage un terrain « propre ».Le dicton veut qu'on fasse le « dernier binage à la Saint Jean ». Ensuite elles se débrouillent.  
Et c'est tout : Si certains taillent les courges, excepté obtenir de plus gros fruits et occasionner des plaies sur la plante, au risque de provoquer des maladies, je ne vois guère d'intérêt à cette pratique.   

Parfois cependant :
Il n'y a plus rien
: Gare aux limaces et gastropodes en général, qui raffolent des courges au stade de jeunes plants et peuvent ruiner tous vos espoirs de récolte. Attention également aux rongeurs, tout à fait capables d'aller manger les graines dans les trous de plantation.  
Il n'y a que très peu de fruits. Cela peut tenir à plusieurs facteurs, comme le manque d'insectes pollinisateurs par exemple, ou des chutes de température au moment de la nouaison (transformation de la fleur en fruit).  
Un feutrage blanc se forme sur les feuilles : C'est de l'oïdium, un champignon microscopique qui profite d'écarts de température importants entre le jour et la nuit pour se développer. La solution la plus classique consiste à traiter au souffre. Même si ce produit est naturel, il n'est pas exempt de danger pour la plante (brûlures éventuelles si la température est trop élevée), l'utilisateur (attention aux yeux !) et l'entomofaune qui en général n'apprécie que très peu ce genre de substance. Un traitement tout simple par pulvérisation de lait pur semble avoir de bons résultats. Néanmoins, en fin de saison (à partir de la mi-Août en général), il me semble normal que l'oïdium apparaisse, c'est le signal de la fin du cycle de vie des courges, et l'annonce de récoltes prochaines.  
Les pucerons s'en mêlent : Il n'est pas rare qu'en début de saison il puisse y avoir d'importantes attaques. Cependant en général, l'équilibre se rétablit au cours de l'été, et cultivées dans de bonnes conditions, elles se remettent souvent fort bien du stress occasionné. Les pucerons sont souvent installés en foyers qu'il convient d'éliminer manuellement plus que de traiter, au risque d'éradiquer d'innocents voisins. Il faut bien avoir en tête que ce sont les insectes qui pollinisent les courges. Sans eux pas de fruits ! Attention aux traitements insecticides sous toutes leurs formes. Parfois le remède peut s'avérer pire que le mal !   

Conserver les courges : Il est indispensable de respecter quelques règles simples, et certaines ont alors des capacités de conservation allant de quelques mois à deux ans ! Pour cela, attendre la complète maturité du fruit, en général autour du mois d'Octobre, avant les gelées cependant. Un des meilleurs moyens est d'observer le pédoncule, qui devient liégeux quand le fruit est prêt. Attention, et j'insiste tout particulièrement, même si il est très tentant de les saisir par cet appendice, tant il semble avoir été conçu pour servir de poignée, ne jamais attraper les courges par ce fameux pédoncule. Cela ne manquerait pas d'occasionner d'invisibles lésions, immanquables causes de pourrissement. Les fruits doivent être coupés au plus près de la tige, laissés sécher une journée au soleil, puis rentrés au chaud, sans les heurter bien sûr, dans un local bien sec et ventilé : entre 12 et 20°C. Pour les petites quantités, un haut d'armoire ou de placard dans la maison est idéal.   

Pour le plaisir des yeux : Si de nombreuses courges n'ont pas la capacité de grimper sur un tuteur, certaines ont la particularité remarquable de le pouvoir. C'est le cas de la pomme d'or, cette magnifique courge de la taille d'une orange et d'un jaune éclatant. Mieux encore que sur un grillage, c'est l'occasion de redonner vie le temps d'une saison à un arbre mort, une souche coupée un peu haute, en installant au pied et en « l'aidant » un peu à grimper au début.
T_FEDESAMARTH