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De la culture de la salade

Toutes ces plantes que l'on consomme en feuilles ne posent pas de problème particulier pour la culture. La première précaution étant bien sûr de respecter les rotations. Bien que de deux genres différents, lactuca et endivia, elles appartiennent toutes les deux à la même et grande famille des composées (ou astéracées). Aux salades de printemps ou d'été il faut donc veiller à ne pas faire suivre celles d'hiver. Comme il n'est pas préférable de cultiver deux légumes feuilles coup sur coup. En faisant suivre à une culture de roquette des bettes à cardes par exemple. Pourtant de familles différentes (crucifère pour l'une, chénopodiacée pour l'autre) mais, toutes deux exigeant du sol le même effort particulier visant à nourrir leur feuillage.
Les salades en général, ne sont pas des plantes exigeantes en amendement. Un sol correctement nourri de compost maison une fois par an leur conviendra tout à fait. Attention cependant aux chicorées qui redoutent les sols compactés et les périodes de sécheresse ou de forte humidité. Elles monteraient à graines très rapidement dans ce type de conditions. Il faut bien veiller à ne pas provoquer de stress hydrique et préférer des arrosages moins abondants mais fréquents. Il n 'est conseillé de pailler que dans les régions vraiment sèches et d'ôter cette protection en cas de forte humidité.   

Le semis :
Là encore, petite piqûre de rappel après l'article que lui avait consacré Sébastien dans notre numéro du mois d'avril. L'essentiel étant de savoir que les solutions sont multiples. Une règle par contre vaut pour toutes : semez les bonnes variétés aux bonnes périodes. Les salades doivent lever vite, donc être faites dans les conditions de température et d'humidité qui leur sont propres. Ceci étant particulièrement vrai pour les chicorées qui aiment être semées à chaud (20 à 25°C), toujours dans le but d'éviter une montée à graines précoce. A ce propos, certains jardiniers, dont je suis, pensent que pour toutes les plantes sensibles à la montaison (les laitues l'été, les chicorées, les choux chinois, les épinards par exemple) il est préférable d'effectuer un semis direct afin d'éviter le stress du repiquage à la plante. A ma connaissance il n'y a pas eu d'expériences scientifiques précises faîtes à ce propos. Il s'agit donc plus d'une intuition et je laisse à chacun le soin d'expérimenter. Il peut d'ailleurs s'avérer tout à fait intéressant de mettre en pratique ces différentes techniques avec pour objectif d'échelonner les récoltes. Les sujets repiqués parvenant théoriquement à maturité un peu plus tard que ceux semés directement en place. 

Le semis en pépinière : Il présente l'avantage d'occuper peu de place et d'être ainsi plus facile à arroser et désherber. Dans un rayon d'un cm de profondeur pour les chicorées et 0.5 pour les laitues, semez une graine tous les cm. Quand les plants sont jeunes, au stade où ils « tirent la langue » vous pourrez les repiquer en place : 30cm en tous sens pour les laitues et 40cm en tous sens également pour les chicorées. C'est volontairement que je préconise ces distances relativement importantes. Des plantes bien aérées, surtout en cas de fortes pluies automnales conservent à mon avis un feuillage beaucoup plus sain et peuvent se récolter plus longtemps. 

Le semis « hors sol » : C'est à dire fait en mottes pour les jardiniers équipés, en alvéoles ou pourquoi pas en terrine. Avec cette méthode aucun désherbage, le support de culture étant le terreau. Par contre, l'arrosage est délicat et demande une surveillance particulière par temps chaud, les substrats ayant tendance à se dessécher très rapidement. 

Le semis direct : La graine est semée à l'endroit définitif de sa croissance, aux mêmes distances que lors du repiquage. Cependant, la levée n'étant jamais certaine à 100% et afin de ne pas avoir de manquants dans les lignes, on préfère le « poquet », c'est à dire 3 ou 4 graines par emplacement. A la levée, les plants excédentaires seront supprimés, ou pourquoi pas repiqués sur un autre rang.  

Pour les chicorées...
Elles méritent bien un petit paragraphe à elles toutes seules, nos chicorées. Elles seront effectivement l'essentiel des salades au sens traditionnel du mot que nous pourrons consommer au cours de l'hiver, quand les besoins de verdure fraîche se font tellement sentir. Même si elles sont tolérantes dans une certaine mesure aux gelées, elles n'ont tout de même pas la résistance de choux ou de poireaux. Malgré tout, avec quelques précautions on peut retarder les températures qui leur seraient fatales. Dès l'installation des cultures, même si cela demande encore un peu de place supplémentaire, prévoyez un dégagement suffisant autour d'elles pour pouvoir les couvrir. De simples arceaux maraîchers, des cadres en bois bricolés maisons et tout ce que votre imagination vous offrira de solutions (et que les jardiniers amateurs en ont de l'imagination !), destinés à recevoir un plastique ou un voile de forçage, permettent de prolonger la récolte. Attention cependant à ce que la ventilation soit bonne dessous. Il ne faut surtout pas plaquer la couverture isolante directement eu contact du feuillage. Cela provoquerait immanquablement un pourrissement rapide des plantes.
Pour atténuer leur indéniable amertume, on peut blanchir le cœur des chicorées. En général ce n'est pas nécessaire pour les variétés modernes, « travaillées » pour le faire toutes seules. Pour ce faire on lie de manière à les regrouper les feuilles par le sommet, privant donc le cœur de lumière, donc de photosynthèse, donc - j'y arrive - de partie verte. Il est vrai souvent plus amère. D'autres méthodes existent, comme les enfermer sous un pot retourné ou sous des cloches disponibles dans le commerce conçues à cet effet. Attention cependant à la cloche en cas de gelée, les feuilles en contact avec le plastique pourriront très rapidement mettant également en péril le cœur, décidément fragile de votre chicorée.  

Eternelles altises !
Cressons, roquette, choux, moutardes, toutes ont un point commun : elles appartiennent à la nombreuse famille des crucifères. Les chaleurs du mois d'août leur étant propices, nos petites puces noires des jardins risquent fort de se régaler de ces cultures. Il faut penser à les protéger. Un voile de forçage ou un filet anti-insectes, même si ils ne sont pas une protection totale sont assez efficaces.  

Quelques précautions.
Les laitues et chicorées ne redoutent pas particulièrement de maladie. Pour les laitues, on peut craindre un mildiou qui leur est propre, le brémia. Relativement peu embêtant, une culture bien aérée y perdra au pire quelques feuilles. Plus ennuyeux pour les chicorées est la rouille. Les feuilles brunissent alors et il est conseillé d'arracher les plantes contaminées et ultérieurement apporter un soin particulier aux rotations. 
En revanche, si elles sont rarement malades, toute une ménagerie s'intéresse à nos salades : les limaces, escargots et autres gastropodes (sans danger quand elles ont dépassé le stade de plantule), les vers blancs, les taupins, la courtilière, les pucerons. Jusqu'aux mulots ! Les pulvérisations d'ail, d'absinthe, de rhubarbe, en dernière extrémité de roténone ont une relative efficacité (attention aux dégâts « collatéraux » avec la roténone). La meilleure solution étant probablement d'héberger au maximum les prédateurs naturels de ces hôtes indésirables. Pour ce faire une seule solution : la diversité !
T_FEDESAMARTH