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Réussir la culture des tomates

C'est grâce à ce fruit évoquant à la fois la douceur estivale et les souvenirs d'enfance que nombre de jardiniers ou de gourmets ont pu prendre conscience avec ces dizaines de variétés maintenant disponibles de l'incroyable diversité des plantes alimentaires. Ces fruits sont devenus le symbole de potagers où méthode naturelle, curiosité et gourmandise font bon ménage. 

Les différents types de tomates


Il y a un grand nombre de variétés de tomates, différenciées par leur précocité, leur forme, leur couleur et leurs utilisations. Toutes se plantent dès février sous abri pour une récolte en été jusqu'à l'automne.
Il y a également des variétés fixées et des variétés hybrides. Ces dernières sont plus productives et plus résistantes aux maladies. Leurs fruits sont en général plus réguliers. 

Les différentes couleurs de la tomate sont dues à un groupe de pigments : les carotènes. Les tomates en contiennent deux principaux : le lycopène, qui donne la couleur rouge, et le bêta-carotène, qui donne la couleur orange.
C'est l'intéraction des teintes de la peau et de la chair qui détermine leur couleur. Ainsi les tomates que nous connaissons essentiellement de couleur rouge, sont le résultat d'une peau jaune et d'une chair à lycopène rouge dominant : 50% de lycopène, 7% de bêta-carotène orange et 43% de carotène incolore.   


On distingue également les variétés selon leur précocité :  
  • précoces : plus adaptées à une culture en serre.  
  • de moyenne saison : plus adaptées à une culture en tunnel.  
  • tardives : plus adaptées à une culture en plein champ.
  • On distingue enfin des formes : rondes moyennes, grosses, très grosses ; en grappes ; allongées ; cerises.
    Enfin, on jouera sur la gamme des utilisations : à farcir, à sauce et conserve, apéritives, en salade...  

    Sol et exposition
    Les plants de tomates aiment : 
  • un terrain riche en humus, bien bêché et amendé avant plantation, 
  • des températures comprises entre 18 et 22°, 
  • une exposition ensoleillée et beaucoup de chaleur avec de bons arrosages en été. 
  • Les plants de tomates n'aiment pas :  
  • les températures trop basses (inférieures à 10/12°) notamment à la plantation, 
  • les courants d'air, 
  • l'excès d'eau. 
  • Le plant de tomate demande beaucoup d'eau à chaque arrosage, mais pas tous les jours : mettre 2 à 3 litres d'eau par pied tous les 5 ou 6 jours. Cela suffit pour obtenir une meilleure qualité gustative. Enfin, durant les 5 mois environ de culture, il faut apporter tous les 15 jours un engrais spécial tomates ou légumes.  

    Réussir le semis et plantation de tomates


    Pour les tomates particulièrement, le climat est source d'échec ou de superbes réussites. Malgré la forte envie que nous avons tous de nous en régaler le plus tôt possible, dans des conditions de culture « normales » (excepté dans le sud et le midi de la France); c'est à dire de plein champ, il est risque de planter avant le 15 mai vos plants de tomates.
    Il faut alors patienter jusqu'à ce que ces messieurs Mamert, Pancrace et Gervais (les 11,12 et 13 mai), les fameux saints de glace, s'en soient retournés avec leur retour d'hiver tardif.  

    Semis de tomates


    Vous pourrez commencer vos semis de tomate de la fin février (sous châssis chauffé) à la mi-mars. Pour réussir vos semis de tomates il vous faudra impérativement de la chaleur, en effet, les semences des Solanacées (Tomates, aubergines, piments, poivrons) ne germeront qu'à une température minimum de 20°C jour et nuit.
    Remplissez vos godets ou votre presse motte (50 mm) de terreau de semis, insérez les graines à quelques mm de profondeur puis recouvrez de terreau.
    Arrosez bien vos godets ou mottes sans que la terre soit non plus détrempée.
    Placez vos godets sous serre à la lumière et à une température de 20°C. 

    Rempotage et plantation des plants de tomates


    Quand les pousses ont sorti leurs deux premières feuilles, elles sont repiquées en godets individuels et toujours maintenues au chaud.
    Ensuite, quand les gelées ne sont plus à craindre, le repiquage est possible d'avril à juin (quand les plants ont atteint 12 à 15 cm) en gardant un espacement de 1 m entre les lignes - 0.5 m entre les plants. Plantez les plants dans un endroit dégagé, lumineux et aéré. La terre doit être amendée mais raisonnablement, le compost maison enfoui au printemps sera idéal.  

    Une petite astuce
    Pour les plus courageux, une méthode courante consiste à creuser une petite tranchée de 10 cm de large sur 15 ou 20 cm de profondeur. On dispose au fond des orties ou de la consoude coupées et séchées quelques jours au soleil.
    Ce lit est recouvert de terre puis on y plantes les tomates allongées en ayant soin de délicatement relever leur tête et de laisser en tout une douzaine de centimètre à l'air libre. Si vous prévoyez de tuteurer, ne tardez pas à installer les supports propres et débarrassés des restes de vos cultures précédentes. Si vous attendez trop longtemps pour le faire vous risquez d'endommager vos racines.  

    Croissance régulière


    Même si plantées de bonne heure, vos tomates ne gèlent pas, une plante a besoin d'une croissance pas forcément rapide mais régulière. De brutales interruptions, alternées avec des redémarrages de végétation la fragilisent. Sans remettre totalement en question le succès de votre culture, elles peuvent en altérer la réussite.  

    Tailler ou ne pas tailler les plants de tomates ?


    A vous de choisir si vous préférez tailler ou encore enlever les gourmands de vos plants de tomates ou non mais sachez pourquoi !  

    Enlever les gourmands


    Enlever les gourmands n'est pas obligatoire. Cette technique est utilisée à l'origine par les maraîchers professionnels soucieux d'avoir disponibles à la vente des tomates les plus précoces possibles sachant qu'ils en cultivent au moins deux séries décalées pour une même saison. La taille des tomates par égourmandage est destinée à augmenter le calibre des fruits, leur précocité et facilite le ramassage des fruits sur le plant, ce qui présente un gros avantage.
    En revanche cette méthode comporte également des inconvénients : elle nécessite du temps et fragilise la plante. Certaines variétés sont particulièrement difficiles à tailler : la « tête » n'est pas toujours facile à distinguer d'un rameau secondaire. De plus, supprimer les gourmands occasionne des plaies. Il est indispensable d'aider à la cicatrisation par un poudrage de maërl ou un léger badigeon d'argile verte par exemple. Malgré tout, après la taille, le pied a subi un stress, il dispose de moins de surface foliaire pour lui assurer une alimentation et une respiration normales.  

    La plupart des variétés doit être ébourgeonnée aux entre nœuds en prenant soin de ne pas couper les fleurs. Puis il faut tuteurer sans jamais pincer la tête : le pied, qui peut atteindre 1,50 à 2 mètres, produira ainsi du bas en haut jusqu'à l'automne.  

    Ne pas tailler ses plants de tomates


    Une autre vision consiste à ne pas tailler du tout et à laisser à la plante son entier développement. Elle aura donc besoin de beaucoup plus de place. Comptez un écartement d'au moins 1 m entre et sur le rang. Les fruits de plants de tomates non taillés seront plus nombreux et répartis aléatoirement sur le plant.
    Les fruits arriveront à maturité plus tardivement et seront de moindre calibre. C'est le premier « inconvénient ».
    Le deuxième, tout aussi relatif est la difficulté du tuteurage. Les tomates conduites ainsi peuvent se montrer très exubérantes et un simple piquet planté au pied ne suffira pas toujours.  

    La culture avec deux brins


    Souvent oubliée, alors qu'elle était la méthode la plus courante chez les professionnels comme chez les amateurs : la conduite à deux brins. Apres avoir « pincé » le pied à 20 cm du sol, on ne garde que les deux brins qui se forment latéralement. Ensuite, tous les gourmands sont supprimés. Cette intéressante solution est probablement celle qui demande le plus de discernement, mais l'habitude se prend vite. Etant le parfait compromis des deux visions précédentes, elle allie avantages et inconvénients de chacune. 

    Le tuteurage des tomates


    Un tuteurage classique


    Il est recommandé de tuteurer les tomates. Bien que cela ne soit pas indispensable, la récolte s'en trouve largement facilitée. Le feuillage et les fruits, moins humides que s'ils trainaient au sol, n'en seront que plus sains.
    Un tuteur d'une hauteur de 1,20m enfoncé tôt après la plantation pour ne pas endommager les racines suffit pour la conduite désormais classique de la culture sur un seul brin.
    Quelques liens de raphia pour la maintenir après chaque égourmandage et le tour est joué.  

    Palissage horizontal


    Pour la culture sur deux brins, le palissage horizontal 'sur fil de fer, grillage à moutons, bambous etc.) se révèle une solution pratique et esthétique. Sur des piquets plantés à 3 ou 4 m au maximum de distance, il convient de faire un premier rang à 500 cm de hauteur, le second à 80.
    En général, il n'est pas nécessaire d'aller plus haut, la plante devant à ce stade de sa croissance avoir suffisamment de vigueur pour tenir par elle-même.
    Attention toutefois à bien lier les brins sur les rangs, sans toutefois contraindre les pousses, pour éviter qu'elles ne glissent et ne s'affalent latéralement sur leur support.  

    Apport et arrosage de la tomate


    Les tomates sont des plantes relativement exigeantes au jardin. Elles apprécieront au cours de la saison des passages de stimulants foliaires de type purins, qu'ils soient d'ortie, de prêle (riche en silice) ou de consoude. Plus que des quantités d'eau à n'en plus finir, les tomates préféreront sans conteste des apports moindres aux pieds mais réguliers.
    Installez donc un épais paillage dès que le sol est bien chaud et qu'elles sont suffisamment développées pour faire fi de la concurrence des adventices.  

    En fin de saison


    Repérez bien les emplacements dans votre jardin afin de ne pas manquer l'indispensable rotation les années suivantes. Arrachez et compostez les pieds ayant terminé leur production.  

    Les ennemis des tomates


    Le mildiou


    Provoqué par des alternances de temps chaud et humide, il peut se développer très rapidement et gagner feuilles et fruits en quelques jours. On retrouve bien souvent le mildiou dans les régions humides. Du fil de cuivre passé dans le pied aux purins divers, il y a presque autant de réponses que de jardiniers.
    La solution classique, avec toutes les limites qu'elle présente, reste le cuivre, le plus souvent sous forme de bouillie bordelaise : composée de chaux et de cuivre, cette mixture teinte de bleu nombre de plantes fruitières.
    Elle est employée de manière préventive pour lutter contre les affections provoquées par des champignons. Attention à bien arroser les cultures aux pieds des plants de tomates.
    Une autre solution consistera à cultiver vos plants de tomates sous serre si vous avez un climat relativement humide.  

    La nécrose apicale ou « cul noir »


    La nécrose apicale ou maladie du cul noir de la tomate est liée à des irrégularités dans les apports en eau et se traduit par un pourrissement au niveau de l'ombilic. 

    Autres ravageurs de la tomate


    Les autres principaux ravageurs de la tomate sont les pucerons et les aleurodes (mouches blanches), susceptibles de transmettre des virus. Les attaques d'acariens sont plus rares mais observables par temps chaud et sec. On pourra utiliser des pièges chromatiques englués ou des phéromones pour s'en débarrasser de façon naturelle.
    T_FEDESAMARTH