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Les plantes à massifs annuelles n'ont plus la cote

Cette année les jardiniers et surtout les jardinières ont boudé les plantes à massifs provoquant la grise mine de toute une profession. Le classique géranium, le bégonia ou le gourmand pétunia n'ont plus la cote et c'est peut-être la fin d'un modèle qui se fait dans la douleur.   

Pour ma part j'ai toujours adoré les plantes annuelles et mis de côté les vivaces sans doute parce que j'ai été longtemps obsédé par les massifs des grands centres urbains avec leurs créations toujours plus impressionnantes, colorées et surtout coûteuses. Bien qu'essayant de suivre les tendances en la matière je ne veux pas croire à la fin du règne des plantes à massifs car c'est leur exubérance, la combinaison infinie de couleurs et leur luxe apparent qui m'a amené à faire ce métier...  

Mais voilà comme je viens de le dire fleurir avec ces plantes devient un luxe ostentatoire. On les achète à prix d'or au mois de mai et on les jette quelques mois plus tard et c'est finalement de la société de consommation dont il s'agit. Est-ce le signe de la fin de celle -ci ? Sûrement pas. 

Je vais faire une analyse toute personnelle: étant un fan de high-tech (et même un peu geek sur les bords) je me rends compte que le modèle économique des plantes annuelles a été exporté au monde des téléphones portables (pour ne citer qu'eux). Très éphémère que la vie d'un téléphone, comme les plantes annuelles, un luxe aussi, rendu par l'industrie plus indispensable que ces dernières. De là à dire que le téléphone a provoqué la chute des ventes de plantes à massifs...  

En fait, pendant l'âge d'or de celles-ci c'est à dire les années 80/90, il n'y avait pas tant d'arbitrage budgétaire à faire pour les ménages: pas d'abonnement internet, de mobile, de tablette, d'écrans plats... La crise, la fin du pétrole et le changement climatique n'étaient que des vues de l'esprit de quelques illuminés.  

On aurait dû le voir venir car nous sommes dans le végétal en période de transition, de transfert d'intérêt. Ces dernières années les légumes ont pris le pouvoir du budget plante du jardinier, la sécheresse chronique de ces dernières années a éliminé bon nombre de plantes trop gourmandes en eau et en fertilisant. La mode du naturel n'a laissé aucune chance à ces plantes aux fleurs de plus en plus énormes et carrément surnaturelles et loin de la tendance du moment.   

Les prairies fleuries vivaces ou annuelles, aux fonctions spécifiques, attirant tantôt les abeilles tantôt les papillons, économiques, fertiles remplacent peu à peu les fleurs stériles des "gégé"(raniums) ou des "pétu"(nias) dans les massifs.  

Mais n'ayons pas de nostalgie: une nouvelle ère commence et le jardin de demain reste à construire dans toute sa diversité végétale trop longtemps ignorée au profit de starlettes qui sont devenues des vieilles dames comme le pélargonium, le surfinia, bégonia, impatiens, etc.   


Source : Hortiman - http://conseilsjardin.over-blog.com/
T_FEDESAMARTH