Presse-mottes : comment ça marche et lequel choisir selon vos semis
Des godets en plastique qui se craquèlent au bout de deux saisons, des racines qui tournent en rond au fond d'une plaque alvéolée trop petite, des heures passées à démouler des mottes récalcitrantes : le presse-mottes règle ces trois problèmes en même temps. C'est un outil manuel qui compresse du terreau humide en petits blocs autoportants, sans pot ni godet.
À la Ferme, c'est la méthode qu'on utilise pour démarrer une partie de nos porte-graines, des plants qu'on suit sur toute une saison jusqu'à la récolte des graines et qui ont besoin d'un système racinaire solide dès le départ. La technique, popularisée aux États-Unis par le maraîcher Eliot Coleman à la fin du XXe siècle, est aujourd'hui un standard chez les producteurs de plants professionnels pour les petites et moyennes séries, et de plus en plus de jardiniers amateurs l'adoptent pour les mêmes raisons.
Sommaire
Comment fonctionne un presse-mottes, et pourquoi l'utiliser
Le principe est mécanique et identique quel que soit le format. Un moule métallique garni de petits picots, les ergots, est enfoncé plusieurs fois dans un terreau humidifié à la bonne consistance, en longeant les parois du récipient jusqu'au fond. Une fois le moule rempli, on pose l'outil à plat et on presse : les mottes se détachent, chacune creusée d'un petit logement là où l'ergot a marqué le terreau. Il ne reste qu'à y déposer une graine.
Dans un godet en plastique, les racines qui atteignent la paroi n'ont nulle part où aller : elles s'enroulent sur elles-mêmes et la reprise après plantation en est ralentie. Dans une motte pressée, il n'y a pas de paroi. Les racines qui atteignent le bord de la motte s'arrêtent au contact de l'air, c'est la taille naturelle par l'air. Il faut tout de même repiquer le plant au bon moment : son système racinaire bien ramifié repartira alors plus vite en pleine terre qu'un plant chignonné.
Plus de déchets ni de dépense en godets plastique. Moins de terreau utilisé, puisque la motte ne contient que ce qui est nécessaire à la graine. Et un temps de production réduit une fois le geste maîtrisé : une seule pression forme plusieurs mottes à la fois.
Les trois formats, et pour quelles graines
La gamme repose sur trois tailles de mottes, pensées pour accompagner un plant du semis jusqu'à la pleine terre sans changer de méthode. Pour nos porte-graines, on démarre presque toujours en mini-motte de 17 mm, avant de repiquer dans une motte de 50 mm le temps que le plant prenne de la force.
Le 20 mottes de 17 mm, pour démarrer les petites graines
Ce presse-mottes forme 20 mini-mottes de 17 x 17 x 17 mm en une seule pression : c'est le format le plus compact de la gamme. Ses évidements sont fixes, il n'y a pas d'ergot à installer. Il convient aux espèces à petites graines qu'on repique plusieurs fois avant la mise en terre : céleri, poireau, chou, laitue, oignon. Le plant reste en mini-motte 2 à 4 semaines, le temps de développer ses premières racines, avant d'être repiqué dans une motte plus grande.
Le 5 mottes de 38 mm, pour les semis rapides et les semis d'été
Ce format intermédiaire forme 5 mottes de 38 x 38 x 50 mm et est livré avec ses 5 ergots de 6 mm. Il convient aux semences à germination rapide et aux semis de début d'été, quand le plant n'a pas besoin d'un grand volume de terreau pour démarrer : tomate, poivron, aubergine, courgette, ou la plupart des fleurs annuelles comme le zinnia, le cosmos ou le souci. Il existe aussi en finition noire, même outil, même usage.
Le 4 mottes de 50 mm, pour les grosses graines
Le plus grand format produit 4 mottes de 50 x 50 x 50 mm et est livré avec ses 4 ergots de 6 mm. C'est le volume de terreau le plus généreux de la gamme, adapté aux grosses graines : haricot, courge, potiron, melon, concombre, tournesol.
Les presse-mottes que nous utilisons à la Ferme
Passer d'une mini-motte à une motte plus grande
Un plant démarré en mini-motte de 17 mm ne va pas directement au jardin. Après 2 à 4 semaines, quand ses racines ont pris, il est repiqué dans une motte plus grande pour continuer à grandir avant la plantation définitive. C'est le rôle des évidements carrés de 17 mm : ils remplacent les ergots ronds du presse-mottes 4 mottes de 50 mm et creusent un logement carré exactement à la taille d'une mini-motte. On y glisse la mini-motte entière, sans toucher aux racines.
Ces évidements ne sont compatibles qu'avec le 50 mm : la taille du logement carré correspond aux dimensions du 4 mottes, pas à celles du 5 mottes de 38 mm. Pour démarrer directement avec les deux outils complémentaires, le set de 2 presse-mottes réunit le 17 mm, le 50 mm et les évidements carrés.
Réussir ses mottes pressées : le terreau et le geste
La réussite d'une motte pressée tient presque entièrement à l'humidité du terreau. Un terreau spécial mottes pressées convient directement. Pour composer son propre mélange : 2 seaux de 10 L de tourbe blonde, 1 seau de compost de plus d'un an, 1 seau de terre de jardin, 2 à 3 L de sable, 2 à 3 poignées de poudre de roche et 1 à 3 poignées d'amendement calcaire.
Le mélange se tamise (maille de 4 mm) pour éliminer les débris, puis se malaxe jusqu'à devenir homogène. Vient ensuite l'humidification : on arrose, puis on presse une poignée de terreau dans la main. Le bon degré est atteint quand quelques gouttes d'eau suintent entre les doigts, pas plus. Un terreau trop sec ne tient pas en motte, un terreau trop humide colle au moule et déforme les mottes à l'éjection.
N'hésitez pas à adapter le mélange à votre expérience. Voici par exemple celui d'un de nos clients :
« Top ! Fonctionne parfaitement une fois qu'on a trouvé le bon mélange pour le substrat. Pour ma part, c'est terreau de semis + un peu de poudre de basalte + un peu de sable, puis bien mouiller. » Goepp
Le presse-mottes s'enfonce ensuite verticalement dans le mélange, à plusieurs reprises, en longeant les parois du récipient jusqu'au fond. Il est plein quand du terreau ou de l'eau ressort par les interstices du haut. On lisse l'excédent sur le bord du récipient, on pose l'outil à plat sur le bac de culture et on presse pour libérer les mottes. Il ne reste qu'à déposer une graine dans chaque évidement, à la profondeur conseillée pour l'espèce, et à placer les mottes en pleine lumière : un manque de lumière donne des plants étiolés qui filent vers le haut.
Quel presse-mottes choisir ?
| Format | Dimensions | Livré avec | Pour quelles graines |
|---|---|---|---|
| 20 mottes | 17 x 17 x 17 mm | évidements fixes | céleri, poireau, chou, laitue, oignon |
| 5 mottes | 38 x 38 x 50 mm | 5 ergots de 6 mm | tomate, poivron, aubergine, courgette, fleurs annuelles |
| 4 mottes | 50 x 50 x 50 mm | 4 ergots de 6 mm | haricot, courge, melon, concombre, tournesol |
Pour un potager classique, le 4 mottes de 50 mm suffit souvent seul. Pour produire beaucoup de plants sur peu de place, ou pour les légumes qu'on repique deux ou trois fois avant la plantation comme le céleri ou le poireau, le duo 17 mm et 50 mm, avec les évidements carrés pour passer de l'un à l'autre, couvre l'essentiel d'une saison de semis. Les deux outils sont réunis dans le set de 2 presse-mottes.
Un outil éprouvé par nos jardiniers
Les retours de nos clients confirment la solidité, la simplicité et l'efficacité du presse-mottes. Plusieurs soulignent qu'il faut parfois « un petit coup de main à prendre » lors des premières utilisations, avant que le geste ne devienne naturel. Chrystel résume bien cette expérience :
« Première utilisation un peu gauche, mais deux essais plus tard, c'est impeccable. Pratique, solide, facile à utiliser et à nettoyer. »
Laurent apprécie quant à lui le format des mottes, adapté aussi bien aux grosses graines comme les courges et courgettes qu'aux tomates ou poivrons lorsqu'on souhaite les laisser se développer plus longtemps avant plantation et éviter plusieurs repiquages. D'autres retours évoquent simplement un outil « robuste », « simple et rapide », ou la satisfaction de faire ses semis sans plastique.
Questions fréquentes
Un presse-mottes fonctionne-t-il avec n'importe quel terreau ?
Pas vraiment. Un terreau trop grossier ou trop fibreux ne se compacte pas et les mottes s'effritent à l'éjection. Un terreau fin et bien tamisé, comme celui décrit plus haut, ou un terreau spécial mottes pressées du commerce, donne de meilleurs résultats.
Peut-on semer en intérieur avec un presse-mottes ?
Oui, c'est même l'usage le plus courant en début de saison : sur un rebord de fenêtre, sous une véranda ou en petite serre, tant que les mottes reçoivent assez de lumière. Un manque de lumière fait filer les plants.
Comment entretenir un presse-mottes ?
L'outil est en acier galvanisé, il ne rouille pas au contact du terreau humide. Un rinçage à l'eau claire après usage, pour retirer les résidus de terreau coincés dans les coins du moule, suffit à le garder fonctionnel plusieurs saisons.
Les mottes s'effritent quand je les éjecte, pourquoi ?
Le plus souvent, le terreau est soit trop sec et il ne tient pas, soit trop humide et il colle au moule en se déformant. Le test de la poignée pressée reste le repère le plus fiable : quelques gouttes d'eau qui suintent entre les doigts, pas de ruissellement.
En résumé
Le presse-mottes forme des mottes de terreau sans godet : les racines s'arrêtent au contact de l'air au lieu de tourner en rond.
17 mm pour les petites graines qu'on repique (céleri, poireau, laitue), 38 mm pour les semis rapides et d'été, 50 mm pour les grosses graines.
Les évidements carrés de 17 mm permettent de glisser une mini-motte dans une motte de 50 mm sans toucher aux racines.
Tout se joue sur l'humidité du terreau : quelques gouttes doivent suinter entre les doigts quand on en presse une poignée.