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De la culture du panais

Rien de plus facile en effet que cultiver les panais, à une condition cependant, qu'ils aient... germés ! C'est en effet toute la difficulté, une contrainte assez caractéristique des apiacées : la germination. La 1ère condition pour réussir tient à la fraîcheur des semences : seules celles récoltées l'année précédant le semis ont un vrai pouvoir germinatif, au-delà, la perte est colossale. La suite est classique. Le lit de semence est finement préparé, le rayon ouvert à 1 cm de profondeur et, pour plus de facilité, les graines (comptez une 30aine pour 1m) recouvertes de terreau ou de compost tamisé mêlé à du sable, avant d'être roulées ou soigneusement tassées avec le dos du râteau.
La température de germination est de 21°C. La germination est assez longue, elle peut prendre une 15aine de jours pendant laquelle la surface ne devra pas sécher. Couvrez alors le semis, soit avec un voile de forçage, soit avec des déchets de tonte, de la paille etc. Les panais sont des légumes à semer en jours croissants, jusqu'à mi juin environ. Attention cependant, semés dès fin mars ou plus généralement courant avril jusqu'à mi mai, vous avez la garantie de récolter de grosses et belles racines, suffisamment développées pour résister au 'sec' de l'été, tandis que semés après ces dates optimales, leur calibre et leur résistance risquent d'être grandement diminués.
Comme pour de classiques carottes, choisissez un endroit bien exposé de votre potager et, s'ils apprécieront un peu de compost parfaitement mûr - 7 ou 8 litres pour 10 mètres linéaires - évitez tous les amendement mal décomposés qui les feraient fourcher. En terre lourde ou ressuyant mal, n'hésitez pas à semer sur buttes, même modestes : une 10aine de cm de hauteur peuvent suffire.
La suite est encore identique à la culture des carottes, il y a 4 étapes de base pour de bons résultats : éclaircir-désherber-biner-pailler. Il faut en effet à la levée ne conserver qu'un plant tous les 10cm, maintenir la culture très propre le 1er mois, sans que s'installe de concurrence. Ensuite binez pour maintenir le sol frais et souple, et enfin paillez en été. Ces 4 étapes réalisées, vous n'aurez plus qu'à patienter jusque fin septembre, période à laquelle en général commence la récolte.    


Une existence de père tranquille...
En général, une fois levés, la récolte des panais est assurée. Ils ne sont en effet guère embêtés par des champignons ou ravageurs particulièrement agressifs.
La mouche : C'est la même que celle qui s'en prend à vos carottes. Il arrive qu'elle ponde dans les panais, mais il n'y a pas en général de véritables infestations. A priori, ce sont les derniers vols, ceux de novembre, qui sont les plus embêtants. Cependant, même si elle est désagréable, la larve quand elle se développe dans nos charnus et opulents panais cause beaucoup moins de dégâts que dans les plus fragiles carottes.
La rouille: Fréquente au fur et à mesure que l'hiver avec son lot de froid et d'humidité avance, cette maladie provoquée par un champignon se développe, donnant cette couleur orange caractéristique. Inutile de s'inquiéter, seule l'enveloppe extérieure est touchée, la chair reste en général indemne.
Les rongeurs : Attention danger ! N'oublions pas combien pour ces petites bêtes aussi l'hiver est long et combien de bonnes grosses racines, tellement nourrissantes et sucrées feront figure d'aubaine ! Soyez méfiants, il les dévore par en dessous, et c'est bien souvent au moment de les arracher qu'on s'aperçoit qu'il ne reste plus qu'un malheureux trognon toujours coiffé de son toupet vert. C'est en général pour se prémunir de ces gourmands qu'il est recommandé en hiver d'arracher et stocker sa récolte en cave ou en silo.  

Quasiment ni maladies ni ravageurs, une culture vraiment facile à réussir passée le 1er et seul écueil du semis, des exigences proches du zéro et un stockage possible tout l'hiver : ne boudons pas notre plaisir et (re)cultivons les panais. En gardant bien présent à l'esprit cette recommandation d'un ami cuisinier pour les apprêter : inutile de se creuser la tête, cuits, les panais se prêtent exactement aux mêmes usages que les carottes. Que demander de plus ?   

Faire ses graines
Laisser au printemps monter quelques racines à graines. Vous profiterez de leurs superbes fleurs jaunes et pourrez surtout récolter les graines quand elles sont bien mûres qu'elles se détachent alors d'elles même. Méfiance par contre : assurez-vous qu'il n'y ait pas de panais sauvages à la racine dure et fibreuse à graines dans les parages, ils pourraient s'hybrider et donner de piètres résultats.   

Et le repiquage?  
Il est tentant pour pallier à cette capricieuse germination de repiquer les plants en surnombre, voir semer les panais directement en mottes ou alvéoles. Si cette méthode fonctionne, les racines obtenues seront par contre déformées, noueuses ou en 'boules', ce qui n'est pas forcément problématique pour des jardiniers amateurs.
T_FEDESAMARTH