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De la culture des pommes de terre

La culture des pommes de terre n'est pas une culture difficile à proprement parler, même si une certaine surveillance s'impose. Elles sont un excellent précédent de culture. Les façons (travaux) qu'elles impliquent - particulièrement le buttage - additionnées à leur développement souterrain contribuent à ameublir et « nettoyer » le terrain. En bref, si vous comptez agrandir votre potager, commencer par des pommes de terre s'avère bénéfique. Elles ne sont pas d'une gourmandise extravagante même si il ne faut pas négliger l'apport de compost bien mûr, d'autant qu'elles semblent préférer les sols pas trop lourds.
La technique la plus classique de culture consiste à les planter autour de la fin Avril, quand les fortes gelées ne sont plus à craindre (température minimale de 9°C). Dans une tranchée ouverte à la houe, ou des poquets d'une dizaine de cm de profondeur, en disposant le tubercule au fond, germe tourné vers le haut. Veillez à le manipuler doucement pour ne pas le casser. Le buttage, qui consiste à recouvrir de terre la partie aérienne de la plante se fait environ un mois après la plantation. Une fois la terre ameublie, on monte sur le rang une butte d'une vingtaine de cm de hauteur. Les tubercules se développeront dessous, à l'abri de la lumière. N'hésitez pas à planter large, un maximum d'aération est un bon moyen de lutte préventive contre le mildiou. 75 cm entre les rangs, et une moyenne de 40 cm sur le rang est raisonnable. On peut serrer un peu les primeurs, arrachées avant maturité, la question du mildiou se pose moins.
Il y a de grandes disparités d'une variété à l'autre. Dans leur vitesse de maturation d'abord ; Les cycles les plus courts aux environs de 70 jours, jusqu'aux plus tardifs qui peuvent aller jusqu'à 150 jours et plus. Pour des raisons de communication interrégionale beaucoup moins développées que maintenant, étaient cultivées en général des variétés locales bien adaptées au terrain et au climat. Fruits de l'empirisme et de l'obstination de générations de paysans dont la qualité de vie, voir la survie en dépendait, ce travail de sélection était accompli avec tout le sérieux que cela incombe. Lors de manifestations organisées autour du patrimoine végétal, essayer de « glaner » ces fameuses variétés. A défaut, interroger les « anciens » pour connaître leurs préférences, demander à un voisin qui fait de belles récoltes le type de plant qu'il emploie, s'avèrent des sources fiables.   

Les trouble-fêtes...
Notre tubercule connaît deux redoutables agresseurs* qui en fonction du stade de végétation où ils abordent nos cultures peuvent effectivement remettre en question tout ou bonne part de la récolte. Ils n'ont pas changé depuis le 19ème siècle. Le premier reste ce champignon, Phytophtora Infestans, connu également sous le doux nom de Mildiou. Le second, hôte favori des aubergines, mais qui se satisfera largement de vos pommes de terre, notre incontournable coléoptère : Le doryphore.
Contre ce dernier, la solution la plus naturelle consiste à en faire le ramassage régulier. Les faire tomber au fur et à mesure dans une bouteille d'eau dont on aura coupé le goulot. C'est long et fastidieux, mais définitif pour les victimes. Sacrifier des plants d'Aubergine volontairement repiqués dans la culture fonctionne bien également. Tout dépend de la surface cultivée, de votre temps disponible et de la fréquence à laquelle vous pouvez vous rendre au jardin. Au registre des méthodes naturelles, on peut utiliser un insecticide à base de roténone et des purins de type fougères, orties ou tanaisie. Pas facile à appliquer mais imparable pour ceux qui peuvent le faire : le « lâcher de poules », grandes prédatrices de doryphore !
En ce qui concerne le mildiou, la bouillie bordelaise est le plus fréquemment employée. Attention malgré tout aux surdoses, au traitement par temps trop chaud. Les purins d'ail et d'oignons s'avèrent également efficaces. Si l'attaque est tardive, couper les fanes suffit. Malgré tout, une année fortement humide, de brusques écarts de température, rendent la lutte inégale... Préventivement, une variété bien adaptée, une culture saine et aérée sont vos meilleurs atouts. Quoiqu'il en soit, dans le cadre d'une production à usage familial, avec une partie de la production réservée aux primeurs, vous serez rarement déçus par la pomme de terre.   

* Il y en a d'autres, rassurez-vous... Ceux-ci pourraient donner lieu à un ouvrage entier !  
Pommes 
*hâtives : de 70 à 90 jours ; ½ hâtives 110jours ; 120 jours et au-delà pour les tardives.   

Nota : certaines variétés citées ne sont pas des plus faciles à trouver. Pourtant elles existent ! Il existe un répertoire officiel des variétés autorisées à la vente, et bien sûr toutes celles-ci y figurent. Peut-être est-ce là l'occasion de demander à vos fournisseurs préférés un petit effort pour plus de diversité dans les variétés... Cette règle vaut pour toutes les cultures au potager : Multiplier les variétés, c'est multiplier les chances de réussite. Que l'année soit caniculaire ou pluvieuse, il y aura toujours une ou plusieurs variétés pour tirer leur épingle du jeu.
T_FEDESAMARTH