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De la culture du radis long d'hiver

On ne peut pas dire que la culture des radis d'hiver requiert une technique particulière. Les radis sont gourmands sans excès, parfaite illustration de ces plantes qui s'épanouissent dans ce qu'on appelle communément « une bonne terre de jardin ». On entend par là un sol régulièrement nourri de compost maison, ou ayant eu une fumure raisonnable en début de saison. Attention cependant aux fumures trop fraîches ou mal décomposées, qui nuisent au bon développement des racines. Puisque de racines il s'agit, le terrain doit être ameubli en profondeur. Pour cela deux possibilités s'offrent à vous : un bon passage d'aéra bêche, ou autre voie possible, la culture sur butte ou billon. Cette dernière est particulièrement recommandée pour les terrains lourds, souvent froids et hydro morphes. L'eau s'écoulant entre les buttes ne stagnera pas au niveau des racines, et la récolte se trouvera largement simplifiée.  

Réussir le semis de radis d'hiver


Si on sème les radis de tous les mois quasiment en surface, il n'en va pas de même pour leurs cousins longs d'hiver. Ceux-ci apprécient en effet de voir leur graine enfouie à 2cm de profondeur, avant d'être soigneusement tassée avec le dos d'un râteau par exemple. L'arrosage pour favoriser la germination doit être copieux. Semés et irrigués convenablement, ils doivent germer en 3 à 5 jours !
Il est difficile et risqué de semer directement à la bonne distance sur le rang. Un éclaircissage minutieux sera donc nécessaire. Attention, cette opération doit se faire rapidement, sous peine de voir le semis s'étioler et devenir irrattrapable. Il est recommandé pour le bon développement de la racine de ne laisser qu'un plant tous les 15cm. Ceci non afin de battre le record du plus beau radis et éventuellement faire la nique à son voisin, mais pour garantir une conservation optimale. Une racine fine, « mal finie », à tendance à se déshydrater très rapidement et devenir impropre à la consommation.
Même pour tous ceux qui ne sont pas des inconditionnels de l'arrosage, et qui dans un juste souci d'économie d'une ressource ayant visiblement tendance à se raréfier les limitent au maximum, il faut être attentif à irriguer régulièrement sa culture. Sous peine d'obtenir des racines fibreuses, âcres ou piquantes. Un bon paillage est nécessaire, mais pas suffisant.  

Les éternelles ennemies...


Comme le chou, le navet, la roquette et quelques autres, les radis appartiennent à la grande famille des crucifères. Comme eux, ils redoutent cette petite peste qui depuis quelques années se développe à une vitesse exponentielle dans nos jardins : l'altise. Cette fichue bestiole qui transforme leurs feuilles en une telle dentelle qu'elle occasionne un stress énorme à la plante. Celle-ci ne disposant plus d'une surface foliaire suffisante pour assurer une photosynthèse convenable dépérit alors. Il n'y a apparemment pas de prédateur particulier à cet insupportable ravageur. L'altise aime la chaleur et craint l'humidité : une bonne douche la fait momentanément fuir. Tout juste le temps nécessaire pour recouvrir les cultures d'un voile anti-insectes ou d'un voile de forçage. Bien qu'imparfaite, cette « couverture » est souvent suffisante.
Autre air connu pour nos pauvres crucifères : les mouches. Deux mouches particulièrement rétives s'en prennent à eux : Delia radicum syn. Hylemia brassicae et D. floralis syn. H. floralis. Deux variétés ressemblant à la mouche domestique. Elles ne se priveront pas de pondre à la base de nos plantes pour qu'ultérieurement leurs larves s'y développent en de multiples galeries. Les radis sont alors véreux, ne se conservent pas, et souvent deviennent piquants. D'où l'intérêt de couvrir ses planches de voiles : tant pour les protéger de l'altise que des mouches. Attention cependant à les laisser en place longtemps. Il n'est pas rare de voir des vols jusqu'à mi-Septembre.
Ces trois compères sont les principales causes de dégâts de ce type de culture. Les radis sont sensibles bien sûr comme toutes les plantes potagères à des maladies cryptogamiques : pourriture noire, hernie du chou et, plus rarement mais cela peut se produire : mildiou. De manière générale, une fumure pas trop fraîche, de bonnes rotations, un bon espacement entre chaque plant et des quantités d'eau régulières mais sans excès, suffisent à éviter ce genre de désagrément.

 

Récolte et conservation des radis d'hiver

 

On peut attendre les premières gelées blanches pour arracher les racines. Comme pour les carottes, celles-ci seront décolletées à la main, laissées à ressuyer une journée avant d'être stockées dans un local frais. L'idéal étant de les ranger comme suit : une couche de sable/ une couche de radis etc. Le silo en terre, du type tambour de machine à laver enfoui par exemple, est également une bonne solution. Même si recouvert d'une bonne couche de paille et de feuilles mortes les radis longs peuvent passer l'hiver en terre, je trouve deux inconvénients à cette méthode : friands de « croquant » les rongeurs peuvent occasionner de gros dégâts d'une part. D'autre part, il est en général déconseillé d'aller piétiner et fouiller les sols souvent détrempés des fins d'automne.
T_FEDESAMARTH