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De la culture du chou

Même si chaque type de chou a ses particularités, il existe une règle générale de ce qui leur convient. Ce sont de gros gourmands, appréciant les sols riches, travaillés en profondeur et bien drainés. Ils apprécient les situations bien exposées à la lumière, avec un maximum de circulation d'air. Certaines variétés à forts développements (choux de Bruxelles, brocolis etc.) peuvent demander à être tuteurées.
Ils sont en général semés en pépinières en plein champ, pour être repiqués en fonction des besoins. Le semis se fait en lignes, dans une terre propre et réchauffée. Une fois en place, on peut profiter de leur lente croissance pour intercaler sur le rang quelques laitues, plants de moutardes etc. Ils peuvent d'ailleurs eux-mêmes être plantés entre des pieds de tomates, ce qui pour l'avoir expérimenté les protège de nombreuses agressions.
Les choux demandent à être butés en cours de culture. La terre ramenée au pied au long de la saison améliore leur ancrage dans le sol, et permet un meilleur développement racinaire. Une fois ce travail accompli, ils peuvent être paillés pour limiter des arrosages qui excepté à la plantation, doivent être réguliers et modérés.
Ce sont souvent des cultures longues, restant en place l'hiver, ce dont il faut tenir compte lors du choix de l'implantation : les planter au milieu du jardin compliquera les travaux hivernaux.  

Vrais ou faux fragiles ?
Qu'ils nous paraissent vigoureux quand ils ont atteint leur plein développement ! Rien ne semble pouvoir altérer leur majesté. Et pourtant... Le jardinier lui, qui est passé par les affres de la culture, mesure à quel point parfois la nature entière semble leur en vouloir à ces « pauvres choux ». Je me souviens de mon abattement l'été dernier tandis que la sécheresse, les altises et un début de hernie semblaient à tous prix vouloir ruiner mes espoirs de récolte. J'étais prêt à arracher mes rangs pour libérer du terrain, quand un ami maraîcher plus expérimenté me rassura d'un « Ne t'inquiètes pas un chou ça se refait... » bien sûr de lui. Il avait raison. Le mois d'août plus froid, un peu de pluie à l'automne ont suffit à leur redonner de la vigueur, et le résultat fut tout à fait satisfaisant.  

« La » maladie
La principale maladie du chou est la hernie. Ce maudit champignon vit dans le sol et contamine le système racinaire des crucifères. La racine se déforme totalement, et aux premiers temps un peu chauds, les feuilles flétrissent. La première chose à faire en ce cas est repérer soigneusement l'emplacement de la culture atteinte pour garantir une bonne rotation les années suivantes. Particulièrement en terrain humide où ce champignon peut rester dans le sol une dizaine d'années. Un chaulage préventif, des binages réguliers et un passage des plants dans une solution d'argile et de purin de prêle semblent efficaces. En lutte directe : arrachez et brûlez les pieds contaminés. Les spores résistent à la digestion des animaux et contamineraient le fumier obtenu.   

Du côté des bestioles...
Si son important feuillage semble taillé pour le protéger des herbes environnantes, il semblerait que ce n'est que pour mieux le rendre appétissant aux yeux des ravageurs... Qu'il y en a des petites bêtes par le chou alléchées. Tout d'abord, notre inusable altise que toutes les crucifères attirent comme la misère sur le pauvre monde. Les dégâts peuvent être irrémédiables au stade de jeunes plants. Une couverture de feuilles de fougères, ou un voile de forçage et des bassinages réguliers empêcheront l'irréparable. 
La mouche du chou : une incontournable... En général, c'est en avril/mai que les attaques sont les plus fortes. La mouche adulte pond au pied des plantes, pour qu'ensuite, les larves dévorent tranquillement les racines superficielles, provoquant également un flétrissement et un jaunissement du feuillage. Les solutions les plus efficaces semblent être la protection physique du pied. Une collerette de carton ou de feutres d'un diamètre de 20cm environ empêche la ponte. Les voiles et filets anti insectes sont également efficaces.
Indémodable : la piéride... Ne l'oublions surtout pas, cette incroyable défoliatrice. En quelques toutes petites journées, elle transforme une plantation florissante en désert de Gobi. Sans oublier que, si il existe la piéride de la feuille, dont les larves qui se promènent à l'envers des feuilles sont poilues et voyantes, il existe aussi la piéride de la rave, au vert nettement plus discret, qui se dissimule vers le cœur du sujet attaqué. La lutte se fait d'abord préventivement. Le papillon blanc laiteux avec sa tâche noire sur les ailes est facile à repérer. Encore une fois, le filet anti insectes est efficace, mais onéreux. Le plus simple consiste à inspecter régulièrement les rangs, mettre des gants pour ceux que cela rebute, et écraser les chenilles à la main. 
Il ne manquait que... Les pucerons ! Verts ou cendrés, leur attaques peuvent être redoutables quand les plants sont jeunes, le stress qu'ils provoquent pouvant faire avorter les choux qui ne pourront pas pommer. En général, les coccinelles arrivent à temps pour limiter les dégâts. Si les conditions climatiques ne sont pas favorables à leur éclosion, des arrosages un peu violents, des bassinages de lait ou de savon noir les calmeront suffisamment.
T_FEDESAMARTH